Ces patronnes dont parlent autant les femmes haïtiennes ont elles aussi une histoire, évoluent en fonction de leurs places dans les rapports sociaux, places qu’elles tentent de garder ou de faire bouger. C’est en considérant, elles aussi, comme des travailleuses qu’on peut saisir cette dimension de leur existence. Dans cette partie, je regarderai en premier lieu le travail non-domestique de ces femmes françaises blanches et parfois de classe moyenne. J’analyserai leur recours à l’externalisation en fonction de leur place dans ce marché du travail qui rend difficile l’articulation entre leur vie professionnelle et de leur vie privée. Le parcours des travailleuses mères sera analysé puisque le care reste chez elles la première raison évoquée pour les justifier l’externalisation. Je regarderai l’illusion de l’égalité qui reste une stratégiepour ces femmes. En second lieu, j’examinerai les responsabilités domestiques de ces femmes, du moins celles qui restent malgré l’externalisation du domestique et du care. Ici encore, les mères restent une catégorie particulière, elles qui se veulent excellentes dans le parentage alors qu’elles doivent par ailleurs se montrer excellentes au travail. Je regarderai dans leur « engagement auprès des enfants » l’effet des injonctions sociétales et le poids des histoires familiales. Après, j’analyserai la relation de travail où les travailleuses domestiques les remplacent, principalement la relation avec les nounous qui semblent indispensables mais restent redoutables. La relation de soin sera aussi analysée, notamment en référence à la prise en charge des adultes. Finalement, je critiquerai les rapports sociaux tels qu’ils apparaissent dans le discours de ces femmes, en référence à leur vie comme épouses, en tant que travailleuses ou en tant que patronnes. Le concept de différence culturelle utilisé par l’une des narratrices sera scrutée pour regarder ces rapports sociaux notamment le racisme qui, autrement, est à peine dévoilé. L’idée est aussi de voir comment ces femmes consolident leur place de privilégiées dans les rapports sociaux ou font avec d’autres places où elles seraient moins privilégiées. D’abord, regardons ces femmes avec leur double casquette d’employeuses et d’employées.
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CHAPITRE IX : FEMMES FRANÇAISES : EMPLOYEUSES ET EMPLOYÉES
9.1. L’impossible conciliation
9.3. Ces mères « excellentes »
CHAPITRE X : LA RELATION DE SUBSTITUTION
10.1. Nounou, le luxe des femmes qui travaillent
CHAPITRE XI : RAPPORTS SOCIAUX ET STRATÉGIES EMPÊCHÉES
11.1. Rapports sociaux et divisions