En construction
En Haïti, des femmes paysannes haïtiennes migrent vers Port-au-Prince où elles deviennent travailleuses domestiques. Leur service domestique permet aux femmes qui les emploient de s’investir dans le travail non-domestique et d’accéder ainsi à la migration internationale. En France, ces migrantes haïtiennes deviennent à leur tour des travailleuses domestiques, indépendamment de leur statut professionnel dans leur pays d’origine. Le service domestique de ces migrantes permet aux femmes françaises de s’investir dans le travail non-domestique. Il existerait donc une chaîne de travail et de migration où s’articulent les rapports sociaux de sexe, de classe, de race et les confrontations Nord/Sud. Cette chaîne lie en plus la migration interne et la migration internationale, de même qu’elle associe le travail domestique et le travail non-domestique. Elle met en présence par ailleurs deux catégories de personnes distinctes, les femmes employeuses et les femmes employées qui, si elles partagent le fait d’être femmes, se différencient par leur appartenance de classe ou de race et par leur origine géographique. Il est donc important de se demander par quels mécanismes certaines femmes, soit dans la migration interne ou dans la migration internationale, deviennent des travailleuses domestiques. Parallèlement, on peut noter que les femmes patronnes externalisent le travail domestique à cause de la division sexuelle du travail qui porte les hommes à se surinvestir dans le travail non-domestique, délaissant ainsi le travail domestique. Ces femmes patronnes, parce qu’elles externalisent, pourraient prétendre à une égalité professionnelle avec les hommes puisqu’elles peuvent comme eux se surinvestir dans le travail non-domestique. Or, elles ne bénéficient pas des mêmes conditions de travail que les hommes, notamment en ce qui concerne le temps de travail. Elles ressentent plus que les hommes la difficulté d’articuler les différents temps de vie, de « concilier » vie professionnelle et vie familiale.
Malgré la possibilité d’externaliser, elles restent assignées au travail domestique qui les rend moins disponibles que les hommes pour le travail non-domestique, en conséquence plus disponibles pour le domestique. Parallèlement, plusieurs facteurs liés à la migration construisent à la fois l’exclusion de certaines femmes du travail non-domestique, et ainsi leur disponibilité pour ce travail de substitution des patronnes dans les charges domestiques. Il est donc important de chercher à comprendre ce système qui exploite les femmes, qu’elles soient employeuses ou employées, dans le travail domestique ou dans le travail non-domestique. D’où ma question de recherche : « Par quels mécanismes les femmes migrantes deviennent-elles des travailleuses domestiques quand parallèlement leurs patronnes sont exploitées dans le travail non-domestique ?».
Dans les familles, les hommes luttent pour rester pleinement disponibles pour leur travail non-domestique alors que les femmes, pour tenter d’accéder à cette disponibilité, doivent recourir à une force de travail extrafamiliale. Cette réalité qui s’explique par la division sexuelle du travail marque les familles au Nord comme au Sud, celle des patronnes de même que celle des travailleuses domestiques qui les remplacent. La division sexuelle du travail touche ainsi la production et la reproduction familiales. Mais son expression varie selon qu’il s’agit d’une famille rurale où les femmes sont alors portées à l’exode, ou d’une famille urbaine où les femmes peuvent compter sur ces migrantes paysannes pour accéder au travail dit productif. A coté des rapports sociaux de sexe, les rapports de classe et les confrontations entre le rural et l’urbain construisent alors les trajectoires différenciées de ces deux catégories de femmes, leur parcours, soit dans le secteur dit reproductif ou dans le secteur dit productif. En outre, la migration internationale de certaines patronnes du Sud s’explique non seulement par une dégradation des conditions de vie au Sud mais aussi par un réel besoin pour le service domestique au Nord. Les divisions raciales et internationales s’ajoutent alors aux autres divisions du travail pour transformer ces femmes migrantes qui étaient des patronnes chez elles en travailleuses domestiques en France. Quand on scrute ces divisions dans leur articulation, on comprend à la fois le travail reproductif et le travail productif des femmes. On peut aussi établir les liens entre ces deux secteurs d’activité ne serait-ce qu’en considérant le fait que l’exploitation des unes dans le reproductif facilite l’exploitation des autres dans le productif. Ces divisions du travail qui expriment ainsi une articulation des rapports sociaux sont pourtant concomitantes d’arrangements entre les classes d’individus, des compromis au niveau des relations sociales ainsi que des stratégies qui permettent à ces femmes de résister ou de se soumettre à ces rapports sociaux. Néanmoins, la résistance et la soumission ne sont jamais que partielles, ce qui fait que chaque mode de résistance a ses failles et chaque soumission son élan vers le changement. Il est donc important, pour mieux comprendre les rapports sociaux croisés dans ce système, d’analyser à la fois les relations sociales (relations de travail, relations familiales, entre autres) où ils s’expriment concrètement, ainsi que le vécu subjectif des femmes qui, en se racontant, donnent à voir l’emprise des rapports sociaux et les luttes quotidiennes pour devenir sujet malgré tout.
Le but principal de cette recherche est donc d’analyser cette chaîne d’oppressions qui relie deux types de migration (la migration interne et la migration internationale) et deux types de travail (le travail domestique et le travail non-domestique), dans le contexte de la mondialisation néolibérale. Elle vise ainsi à analyser comment les divisions sexuelle, sociale, raciale, internationale voire nationale du travail interviennent dans l’émigration des femmes haïtiennes, appauvries et racisées. Elle cherche aussi à comprendre comment les rapports sociaux participent à faire des migrantes haïtiennes des domestiques soit à Port-au-Prince ou en France. Parallèlement, elle analyse comment les femmes non-migrantes (haïtiennes et françaises) qui essaient d’intégrer le marché de l’emploi sont forcées à se payer une force de travail domestique. On regardera aussi pourquoi cette main-d’oeuvre de substitution est constituée, entre autres, de femmes pauvres et racisées, en l’occurrence Haïtiennes. Cette recherche enrichit sous plusieurs angles l’étude des rapports sociaux en regardant leurs expressions concrètes dans des contextes socio-historiques différents, et dans la vie de femmes appartenant à différentes catégories sociales. La prise en compte des liens entre la migration interne et la migration internationale, entre le travail domestique et le travail non-domestique, reste très instructive à ce niveau. Et pour mieux cerner la problématique, j’adopte une approche clinique, tenant compte à la fois du registre psychique et du registre social. Ma recherche représente en cela un atout à la fois pour les études féministes et pour l’approche clinique en sociologie.
Cette recherche se fonde sur différentes théories. Elle mobilise le féminisme matérialiste pour comprendre les rapports sociaux de sexe et leur enjeu : le travail. Associé à d’autres théories féministes, il permet de regarder les divisions du travail, les problématiques de la conciliation et de l’externalisation, ainsi que le travail de prise en charge des personnes couramment appelé travail de care. Le travail des femmes est aussi placé dans le cadre de la mondialisation néolibérale, avec en plus des recherches qui scrutent ce phénomène mondial en considérant l’articulation des rapports sociaux. De manière plus générale, plusieurs documents sur les rapports sociaux écrits par des féministes de différentes régions du monde sont mobilisés pour comprendre le travail ainsi que la migration des femmes du Sud vers les pays du Nord. Le cas d’Haïti reste particulier dans ces phénomènes marqués par les rapports Nord/Sud, d’autant plus que dans cette migration vers la France se jouent toutes les confrontations entre cette ancienne métropole, la France, et l’ancienne colonie, Saint-domingue devennue Haïti. Les idées antiracistes et anticolonialistes ont marqué les différents courants de pensée en Haïti ainsi que l’antisexisme qui, malheureusement, fut visibilisé bien plus tard dans les écrits. Mais les problèmes de la société haïtienne actuelle qui provoquent cette migration internationale ne peuvent pas s’expliquer uniquement par le néocolonialisme. C’est aussi dans les conflits internes qui déterminent entre autres la migration massive des femmes vers la capitale que l’ont doit rechercher les crises structurelles de ce pays. Plusieurs auteurEs permettent de démontrer cela. Et pour comprendre le combat des femmes haïtiennes en Haïti et en France, ainsi que leurs rencontres avec les femmes françaises qui les emploient dans le cadre de la migration internationale, la sociologie clinique sera utilisée.
La clinique permettra de regarder plusieurs aspects du travail des femmes employeuses ou employées et, par rapport aux autres théories mobilisées ici, présente l’avantage d’une prise en compte de l’émotionnel et du relationnel du travail tout en regardant sa matérialité et les rapports sociaux qui le travaillent. De manière plus générale, la sociologie clinique aide à inscrire dans le contexte social les luttes de chacune des femmes rencontrées, ces démarches individuelles analysées. Cette approche de la sociologie inscrit cette recherche dans un champ épistémologique bien précis qui rencontre d’ailleurs certaines caractéristiques de la recherche féministe. On peut citer par exemple la place centrale de la parole des femmes et de leur participation à la recherche, ainsi que l’analyse de la subjectivité dans la construction du savoir. Toute cette recherche plaide en faveur de la construction d’une recherche féministe clinique.
La posture clinique explique que la méthodologie de cette recherche se fonde sur les histoires de vie de soixante-neuf narratrices, récits recueillis dans des séances individuelles ou en groupe, avec des outils variés comme l’arbre généalogique, le photolangage ou le sociodrame. Mais l’analyse qualitative choisie dans cette thèse se focalisera principalement sur quelques cas : deux paysannes, deux servantes, deux patronnes, et en France, trois migrantes et deux patronnes françaises. Les paroles de ces onze femmes seront analysées en rapport avec les références théoriques pour scruter ce système d’oppression qui transforme les unes en travailleuses domestiques et les autres en patronnes investies dans le travail non-domestique où elles sont minorisées.
Cette recherche comporte donc trois parties empiriques : une première sur la migration et le service domestique en Haïti, une seconde sur le travail des femmes migrantes haïtiennes, et la troisième sur les patronnes françaises. La partie portant sur Haïti permet de regarder les liens entre une migration massive des paysannes vers la capitale et la migration de quelques femmes vers les pays du Nord. D’abord, je regarde la division du travail paysan qui représente l’une des causes de la migration des femmes. Ce travail paysan qui est souvent analysé en Haïti en regardant uniquement les rapports sociaux de classe comporte une dimension genrée qui explique à la fois la production et la reproduction en milieu rural. Les rapports sociaux de sexe sont ainsi visibilisés dans cette partie, pour comprendre à la fois la division sexuelle du travail et les relations « amoureuses » qui portent à croire que, dans certains contextes, l’amour peut déterminer le travail. Les relations avec les hommes déterminent aussi la pauvreté de ces femmes paysannes qui deviennent des travailleuses domestiques à Port-au-Prince. J’analyserai ce service domestique à partir de la parole des interviewées et également des données construites pour mon master II en 2008. La matérialité de ce travail (les tâches, le temps, la rémunération) ainsi que son aspect relationnel, où la bienveillance n’exclut pas l’humiliation, sont approfondis. Du côté des patronnes haïtiennes, je regarde à la fois leur investissement dans le travail non-domestique qui, a priori, déterminerait leur recours à l’externalisation, ainsi que leur responsabilité domestique et leurs relations avec les servantes qu’elles emploient. Le service domestique en Haïti est un terrain assez instructif sur l’articulation des rapports sociaux, dans ce pays où la pauvreté est généralisée, où les hommes qui luttent pour la survie ne laissent rien aux femmes. Les stratégies marquées pour la plupart par une difficulté de faire des projets sont différentes d’une catégorie de femmes à une autre. Si certaines patronnes peuvent envisager la migration internationale pour améliorer leur situation, d’autres n’y voient aucun intérêt en considérant notamment le risque d’un déclassement au Nord. Et pour les plus pauvres qui ne sauraient recourir à cette forme de survie, les stratégies s’inscrivent surtout dans un cadre familial : les enfants qui appauvrissent sont investis comme le seul avenir de ces femmes; les hommes qui appauvrissent, restent au présent le principal recours de ces femmes qui, même si elles travaillent, doivent passer par l’échange économico-sexuel pour survivre. Le « roman amoureux » et le projet parental sont donc analysés comme des formes de lutte dans cette recherche.
Quant aux migrantes haïtiennes en France, elles se définissent surtout comme des personnes déclassées, ce qui a été analysé dans le mémoire de Master I en 2007, avec notamment une femme qui compte aussi parmi les onze narratrices de ma thèse. Je regarde le parcours de ces femmes en Haïti, leur travail qui ne les satisfaisait pas forcément mais qu’elles valorisent plus que le service domestique qu’elles exercent en France. Je regarde aussi le processus d’installation en France qui a construit leur confinement dans le service domestique. Enfin, j’analyse leur travail dans les métiers de nettoyage ou de care, dans des conditions et des relations qui reflètent une articulation des rapports sociaux. Elles insistent beaucoup sur le racisme et ne regardent pas beaucoup le sexisme. Pourtant, ce sont les rapports sociaux de sexe qui les transforment - elles et pas les hommes migrants haïtiens - en travailleuses domestiques. Et c’est la division sexuelle du travail qui explique qu’elles ne sont confrontées qu’aux femmes patronnes françaises et pas à leur mari absent. Elles ne voient le sexisme que dans leur propre relation de couple faite de tensions avec des hommes haïtiens qu’elles jugent plus sexistes que les Français. Scruter les rapports sociaux de sexe avec elles porte donc à regarder les relations amoureuses qui marquent d’ailleurs leur projet migratoire mais restent une vraie stratégie dans ce pays où, même si elles travaillent, elles doivent compter sur l’aide d’un homme pour la survie économique et pour les démarches administratives. Le couple reste problématique pour ces femmes qui, dans certains cas, choisissent de vivre « seules ». Et pourtant, il reste parfois leur seule porte de sortie. Ici encore, les enfants sont investis comme une stratégie, situation paradoxale dans la mesure où ils représentent à la fois ce qui les garde dans le travail déclassé et en même temps ce qui les fait rêver d’un avenir meilleur. En outre, dans ce pays où ces femmes vivent le racisme et la xénophobie, elles ne peuvent pas compter sur leur « roman familial » face à ces patronnes qui ne semblent vénérer que « les ancêtres gaulois ». Elles définissent alors un « roman socio-historique » qui met en valeur une ascendance héroïque leur permettant de faire face au mépris, à la condescendance ou à la pitié de leurs patronnes. Face au regard de celles-ci, elles sont obligées de réaliser ce déplacement fantasmatique quand subitement Haïti fait la une de l’actualité comme après le séisme du 12 janvier 2010. Ces femmes luttent en France où elles pensent vivre pendant plusieurs années encore, sans l’espoir de réaliser les rêves qui avaient déterminé leur trajectoire migratoire. Elles regardent leur migration en considérant à la fois leurs pertes et leurs gains, soulignent les pertes même si elles s’accrochent à certains gains qu’elles essaient d’ailleurs d’accroître. Leur parcours laisse transparaître à la fois la violence des rapports sociaux et la force du « faire-avec ». Il pousse donc à rompre d’avec les visions économiciste et évolutionniste qui ne regardent dans la migration des femmes que le côté émancipateur.
Dans cette migration internationale où s’entrecroisent les rapports sociaux, il se produit une rencontre forcée entre ces femmes haïtiennes et les patronnes françaises. Si ces dernières cherchent à gagner leur vie dans un contexte hostile, celles-là cherchent elles aussi à travailler dans le secteur productif qui les attire mais qui ne les accueille pas complètement. Celles qui sont mères par exemple doivent faire avec les contraintes temporelles de l’entreprise et les problèmes liés au mode de garde des jeunes enfants. Comme dans toute relation de travail, les conflits d’intérêt entre employeurEs et employéEs sont très forts dans le service domestique et peuvent porter les employées à se sentir niées dans leur « identité » de personne ou de femme. Pourtant, les patronnes françaises disent avoir besoin de ces employées qu’elles prétendent respecter. Ce racisme tant critiqué par les femmes haïtiennes dans l’attitude de leur patronne est aussi critiqué par les patronnes interviewées. Néanmoins, le racisme, avec les autres rapports sociaux, marque cette prétendue « différence culturelle » qui semble marquer la relation de travail. Cette différence porte ces patronnes à rester distantes de leur employée voire à les regarder avec méfiance. La place des mères patronnes reste ici particulière puisqu’elles disent confier à ces travailleuses ce qu’elles auraient de plus cher : leur enfant. A ce niveau, l’histoire familiale est intéressante car elle permet de regarder les autres souffrances et méfiances ayant marqué la généalogie et qui vont, à côté des rapports sociaux articulés, faire des nounous à la fois des êtres attractifs et des sujets de soupçon. Cette généalogie permet aussi de différencier un attachement « ordinaire » aux enfants d’ailleurs fortement marqué par les injonctions hétérosexistes à la maternité, et une souffrance particulière de certaines mères. A force de rechercher l’excellence à la fois à la maison et au travail, celles-ci finissent par ressentir un profond malaise dans la relation avec leur nounou. Ce malaise se transforme parfois en violence. Pourtant, que ce soit dans les cas ordinaires ou dans ce cas particulier que représente la trajectoire de l’une des narratrices, la culpabilité semble inévitable pour les mères travailleuses dans ce contexte où elles sont suresponsabilisées dans le domestique. Les hommes continuent à être absents, et les patronnes françaises justifient leur absence par leur investissement dans le travail non-domestique. Ces femmes qui reprochent aux entreprises certaines injustices ne critiquent pas véritablement la division sexuelle du travail dans leur couple. Leur mari n’a pas le choix, disent-elles pour mieux garder ce mythe de la famille normale qui, s’il répond à une injonction sociétale, est intériorisé de manière particulière en fonction l’histoire personnelle. Face à cela, le temps partiel pourtant imposé est alors présenté comme un choix par ces femmes. L’argent des hommes qui permet l’externalisation reste, dans ces familles des classes moyennes où les femmes s’investissent pourtant au travail, le garant de l’harmonie du couple. Le couple ici n’est pas un problème, et il n’est pas forcément considéré comme une solution. Il est simplement une donnée, un élément normal et indispensable. Il est à la base des « stratégies empêchées » de ces femmes pourtant fatiguées d’être tiraillées entre la vie familiale et la vie professionnelle, entre ces deux feux et flammes. Les rapports sociaux marquent aussi la vie des femmes âgées qui, après avoir accompagné leur mari jusqu’à la fin, se trouvent isolées face à leurs besoins et leurs peurs. Le recours à une travailleuse de care leur permet alors d’affronter cet isolement. La division sexuelle du travail marque ces vies qui montrent la particularité des parcours des femmes dans les années 50. Elle explique aussi le présent fait d’une retraite déterminée par les choix du mari.
En Haïti et en France, chez les femmes migrantes et les autres, chez les patronnes comme chez les travailleuses domestiques, on peut faire le même constat : les rapports sociaux restent rigides. Ces femmes les intériorisent ou les combattent, luttent quotidiennement pour faire quelque chose de ce que ces rapports font d’elles. Il faut donc des approches scientifiques permettant de regarder cette réalité dans sa complexité. Je choisis de mobiliser d’une part les études féministes pour étudier la manière dont ces rapports sociaux articulés assujettissent les femmes. D’autre part, j’opte pour la sociologie clinique qui me permettra de regarder à la fois cet assujettissement et les démarches de ces femmes pour devenir sujet. Cette double posture marque les aspects théoriques, épistémologiques, et méthodologiques de cette recherche. Regardons d’abord la clinique.
De la colonisation à la mondialisation
L’articulation des rapports sociaux
Penser les Sujettes : recueillir et accueillir la parole des femmes