En construction
Il existe très peu de recherche sur le service domestique en Haïti. Sylvain-Bouchereau (1957), Anglade (1986) ou Gilbert (2001) le mentionnent dans leurs recherches sur les femmes haïtiennes mais sans vraiment l’approfondir. Il est pourtant fondamental de regarder ce travail qui représente, après l’auto-investissement dans le secteur informel, le travail de la plus grande partie de la population féminine en Haïti(72). Ici, je regarde d’abord l’implication des filles et femmes paysannes dans cette activité en ville. Ensuite, j’analyse la réalisation de ce travail en m’attardant sur l’organisation du travail et son articulation avec la vie personnelle des travailleuses. Puis j’approfondis les relations que ces femmes entretiennent avec les femmes employeuses présentes voire harcelantes ou avec les hommes absents du travail domestique. Finalement, je regarde ce que représente ce travail dans la misère des travailleuses domestiques à Port-au-Prince. Tout cela permet de comprendre sur quoi se fonde le surinvestissement d’une certaine élite urbaine dans le travail non-domestique, et d’approfondir le destin des paysannes pauvres à la capitale.
(72) Voir ECVMAS (2014).