Le bien-être au travail réside aussi dans les relations épanouissantes que ce travail peut favoriser ou non. Dans ma recherche, je nomme relation verticale celle qui met en face la personne qui emploie et celle qui est employée. Je parle de relation horizontale quand il s’agit du lien entre des personnes employeuses (par exemple les patrons et leur conjointe) ou du lien entre les personnes employées (lien qui est plus rare dans le service domestique chez les particuliers). Ce relationnel représente l’intersubjectivité au travail et renferme ainsi les émotions procurées par le travail comme l’amour, la haine, le dévouement, l’emprise, le souci de l’excellence, entre autres. Le relationnel rentre ainsi au coeur des enjeux psychiques au travail et devient donc à la fois irréductible et irrécusable à tout travail où interagissent des êtres humains. Il fait partie des conditions de travail puisqu’il détermine par exemple le bienêtre au travail. De plus, les relations sociales de travail constituent l’espace concret où s’expriment les rapports sociaux, même si on ne saurait limiter l’analyse des rapports sociaux à celle des relations sociales. Celles-ci peuvent varier en fonction des contextes de travail, alors que les rapports sociaux restent plus rigides. En Haïti ou en France, les interviewées accordent une importance particulière au relationnel. Les travailleuses le mettent au coeur de la définition même de leur travail et détermine la réalisation de leur activité. Plus d’unemettent beaucoup plus l’accent sur ce relationnel que sur le salaire, le temps de travail ou les tâches. Laura Oso Casas (2002) sur le service domestique au Nord et Anderfuhren (2002) sur le cas du Sud (le Brésil), expliquent que les travailleuses donnent beaucoup d’importance à cet aspect du travail. Ici, je regarderai premièrement la relation avec les personnes employeuses, femmes surtout mais hommes aussi. Deuxièmement, j’analyserai la relation entre les travailleuses et les personnes soignées. Troisièmement j’approfondirai des formes de dépersonnalisation des travailleuses dans cette activité subalterne, et quatrièmement j’examinerai ce qu’elles appellent une « bonne relation » de travail. Toute cela doit être compris en référence aux rapports sociaux, dans ce travail où, comme en Haïti, le relationnel prend une proportion particulière : il se déploie « entre femmes », souligne Judith Rollins (1990).
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7.1. La relation verticale féminisée